Comme une grande partie du peuple Français j’ai été promenée d’un candidat à l’autre ces derniers mois et jusqu’à ces dernières semaines. J’ai voulu participer aux primaires de la droite, puis j’ai finalement voté aux primaires de la gauche. Puis soudainement, l’embarra. Fillon, Le Pen, Macron, Hamon et Mélenchon.

J’ai tout de suite pensé ah non pas Hamon, pas Fillon, pas Le Pen, pas Mélenchon. Ce qui me laissait donc avec un seul et unique choix possible parmi les personnages en haut des sondages, Macron. Bien sûr il était photogénique, jeune, à contre courant, et jusqu’ici je n’avais jamais rien entendu à son propos, sauf peut-être qu’il avait été ministre de l’économie durant le récent quinquennat. La seule chose qui m’intéressai dans ce climat eurosceptique généralisé était qu’il affirmait haut et fort son attachement à l’Union Européenne, argument qui me semblait être le critère ultime qui pourrai m’aider à faire un choix.

Avec la famille, les amis, les collègues, nous discutions des divers candidats, et je me rends compte aujourd’hui, que faute d’un engouement pour un projet qui pourrai améliorer la situation sociale, économique et stratégique de la France et de ma vie, ma seule ambition de citoyenne était de sauver les meubles: choisir un candidat qui présenterait un caractère présidentiel fort et un attachement profond à la place de la France dans l’Union Européenne.

Une idée de mon choix pour les futures élections se dessinait donc déjà toute tracée: sans ambition, sans réelle conviction, un malaise croissant à l’idée de placer ma confiance en un homme que je ne connais pas et qui miraculeusement saurait faire émerger de son projet une voie vers un avenir meilleur pour moi, pour mon entourage, pour la société dans son ensemble. Ma seule aspiration était donc d’avoir de l’espoir. Et puis il y a eu ce débat télévisé. J’était nerveuse pour mon poulain (Macron) pour qui l’exercice semblait être une nouveauté. Encore la j’étais pleine d’espoir. Ils sont tous entrés sur le plateau télévisé et peu à peu j’ai senti une sensation étrange me parcourir. Mon espoir profond d’avoir trouvé mon candidat sauveur de meubles commençait à s’effondrer lentement, subtilement sans que je ne m’en rende compte. Heureusement, mon poulain finissait par hausser la voix, reprendre le contrôle, tacler les remises en question. Mais quelque chose ne tournait pas rond. Et finalement, j’aurai aimé qu’il arrête de parler de cette voix aigüe, phrase après phrase dont je ne comprenais plus le sens. Et puis ce moment fatidique où j’ai vu Marine Le Pen exprimer tout haut ce que je ressentais au fond de moi. Il venait de parler pendant de longues minutes sans que je puisse résumer ce qu’il avait dit. Et puis c’était fini. Je me sentais soulagée pour le coup.

C’est bien ça, ne plus l’entendre devenait un véritable soulagement. Ne plus voir ses hésitations, ce manque de naturel, cette figure qui semblait mi-construite mi-balbutiante. Cet homme en qui je plaçais mes espoirs étouffés par une prise de conscience toujours plus grande du non-sens de la direction que prends le cours des évènements en France, en Europe et dans le Monde.

Alors, je passais les jours suivants dans un brouillard total, partagée entre mon désir d’espérer ou de tout laisser tomber.

C’est à ce moment là, que je prenais conscience que malgré tout je n’arrivais pas à abandonner. Cet espoir, cette aspiration grandit au point que non seulement je ne souhaitais plus seulement sauver les meubles mais trouver un candidat portant un projet, une vision en laquelle je pouvais véritablement adhérer en dehors des probabilités de victoires au vu des sondages.

Je pense que c’est la décision la plus sensée que j’ai prise dernièrement: refuser de donner mon vote gorgé d’espoir à une machine gagnante sans aucune garantie qu’elle ne m’arrache définitivement mes convictions, ma détermination, mes rêves.

Je me suis donc retroussé les manches et j’ai commencé à éplucher les émissions politiques, farfouillant sur internet, cherchant une issue à mon abattement. Et j’ai finis par trouver ce que je cherchais.

Pas de compromis, pas de langue de bois, une vision claire, expliquée, chiffrée. Une vision de la société et de l’Homme au plus proche de mes aspirations. Avec des dissonances bien sûr, mais beaucoup plus proche de mes idéaux. Une invitation à réfléchir, à se convaincre que voter n’est pas de savoir qui des têtes de sondage correspond le plus à nos idées, mais de faire correspondre nos choix électoraux à nos idéaux.

Peut être que notre liberté se trouve bien là après tout, dans le courage et en notre capacité à déconstruire les limites que souvent nous nous imposons nous mêmes.

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